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L’accueil de l'étranger




Michel Starou - théologien orthodoxe - nous présente la question de l’accueil de l’étranger à la lumière de l’enseignement des Pères de l’Eglise.


L’exhortation des Pères à accueillir l’étranger


Les Pères de l’Église ont exhorté les chrétiens à accueillir l’étranger en toutes circonstances. Grégoire de Nazianze appelle donc les fidèles à pratiquer l’hospitalité pour sauvegarder la portée même de leur baptême : « Un étranger sans logis qui est de passage (parepidèmos) est tombé devant toi ? Reçois, à travers lui, Celui qui pour toi a été un étranger même parmi les siens, qui a fait sa demeure en toi par la grâce et qui t’a attiré vers le séjour d’en haut. » On discerne que cette attitude d’accueil ne répond pas à une simple morale volontariste mais se veut le prolongement même de la vie sacramentelle et ecclésiale. D’où la portée eschatologique soulignée par Ambroise de Milan qui nous met en garde : « Si nous avons été durs ou négligents dans l’accueil des étrangers, une fois écoulé le cours de cette vie, les saints pourraient bien, à leur tour, refuser de nous accueillir. » Et de même Jean Chrysostome : " C’est nous qui sommes étrangers [envers les Cieux], nous qui n’offrons pas l’hospitalité aux étrangers".

Jean Chrysostome a longuement exhorté à pratiquer l’hospitalité en prenant l’exemple d’Abraham, qui, quoique ou plutôt parce que lui-même était étranger, a su accueillir les étrangers « Plus votre frère est petit, dit-il, plus le Christ vient vers vous avec lui, Celui qui reçoit quelqu’un de grand, souvent le fait par vanité ; celui qui reçoit un petit, le fait seulement pour le Christ. […] N’est- il pas absurde que [..j vous n’ayez pas d’endroit où puissent demeurer les étrangers ? […] Le Christ, nu et étranger, voyage, il a besoin seulement d’un toit. Fournis-lui au moins cela ; ne sois pas inhumain et cruel. » […]

L’organisation de l’accueil de l’étranger


Si les Pères exhortent tant le peuple chrétien à accueillir l’étranger, c’est que les choses n’allaient pas de soi. Pourtant ces prédications ne prônaient pas des idéaux chimériques, mais furent mises très concrètement en actes dès l’avènement du christianisme, en continuité d’ailleurs avec l’univers de la Première Alliance autour du modèle d’Abraham l’hospitalier. L’évangéliste Jean loue Gaïus pour avoir accueilli les frères étrangers qui ont fui « pour le Nom » (3 Jn 7). Ce devoir d’hospitalité incombait à chaque communauté, aux laïques non moins qu’aux clercs sous la responsabilité de l’évêque qui l’organisait.

Au 2° siècle, saint Justin le philosophe, dans sa 1° Apologie pour les chrétiens, indique comme un usage reconnu que le président de l’assemblée eucharistique (le « proestôs ») prend soin de tous ceux qui sont dans le besoin, et il cite nommément les « hôtes étrangers ». Le 406 Canon apostolique confie à l’évêque le soin de donner, parmi les biens de l’Église, ce qui est nécessaire aux « frères auxquels il donne l’hospitalité ».

Pour abriter les nécessiteux, l’Église multiplia les bâtiments spécialisés. Saint Basile fit ainsi édifier près de Césarée en Cappadoce un vaste complexe que Grégoire de Nazianze appelle « nouvelle cité », et que d’autres sources nomment la Basiliade. Un peu partout dans les diocèses apparut un bâtiment pour les migrants appelé xenodocheion, littéralement « lieu d’accueil de l’étranger », ou plus simplement xenon. Cet édifice est attesté dans bien des centres urbains comme à Ancyre, à Alexandrie, à Rome, à Hippone où Augustin en fit édifier un. L’argent nécessaire à l’entretien du centre d’accueil provenait des dons des fidèles, même modestes, déposés avant chaque liturgie eucharistique. Les évêques sorlicitaient aussi la générosité des plus riches, y compris de la famille impériale. Cette solidarité était bien organisée dans les grandes métropoles comme Alexandrie, Antioche et Rome où l’on note au 4e siècle l’arrivée de vagues massives de migrants pauvres issus des petites villes et des campagnes. Il faut bien comprendre que ces migrants restaient dans les villes où ils arrivaient des étrangers marginaux, car ils n’avaient pas le statut de citoyens. L’Église, à travers la personne de l’évêque, faisait beaucoup pour les prendre en charge, leur donner du travail. […]

L’hospitalité vécue comme un acte sacré


On sait que, dans les villes de l’Empire romain, des moines ou de simples laïcs veillaient à recevoir les étrangers. La Vie de saint Daniel de Scété (6 siècle) raconte, par exemple, que, dans un village d’Égypte où le saint s’était arrêté, se trouvait un vieux bûcheron respecté, un ancien (gerôn) du village, nommé Euloge qui, une torche à la main, arpentait les rues à la recherche des étrangers pour les accueillir et prit Daniel chez lui. Il faisait cela chaque jour depuis plusieurs années.
Du côté du monachisme, il faut se garder de penser que les moines ne se souciaient pas d’accueillir les gens de passage, préférant vaquer à l’ascèse et à la prière. L’hospitalité était un acte sacré et l’est resté, dans le monachisme occidental aussi bien qu’oriental. Dès l’époque des premières fondations monastiques en Égypte et en Asie mineure, la plupart des monastères incluaient un xenon, lieu d’accueil pour les étrangers. Il porte encore ce nom aujourd’hui dans les monastères grecs. […] La Grande Règle de saint Basile comprend un long chapitre consacré à l’hospitalité qui doit être sobre et frugale. Dans la charte de fondation de nombreux monastères byzantins, on trouve des exhortations à pratiquer l’hospitalité sur le modèle d’Abraham. […] En Occident, les monastères suivaient sur ce point la même tradition qu’en Orient. La Règle de saint Benoît appelle le père abbé en personne à se rendre, avec ses frères, auprès de l’étranger de passage, pour l’accueillir « avec tout l’empressement de la charité », car, en le saluant avec humilité, les moines adoreront le Christ, reçu dans la personne de l’hôte.
Que penser, pour finir, de l’idée — souvent en vogue actuellement — d’une hospitalité choisie ? Une telle démarche serait pour les Pères spirituellement ruineuse. Saint Ambroise de Milan estime, en ce sens, que « choisir ses hôtes, c’est avilir et vider l’hospitalité ». Parler d’immigration choisie, c’est reconnaître que l’on ne se situe plus du tout dans le cadre d’un accueil chrétien, donc humain, où tous sont accueillis au même titre de personnes, puisque, comme le dit l’apôtre, « Dieu ne fait pas acception des personnes ».


« Dans le monde Dieu a formé aussi les étrangers »


Il y a déjà plus d’un demi-siècle, Jean Daniélou écrivait : « La civilisation a franchi un pas décisif, et peut-être son pas décisif, le jour où l’étranger, d’ennemi (hostis), est devenu hôte (hospes). » Soyons lucides : un tel pas n’a jamais en nul lieu été franchi de façon définitive. Périodiquement, même dans les sociétés les plus ouvertes, ressurgit la crainte qu’inspirent ceux qui viennent d’ailleurs. Pourtant, le caractère et l’honneur d’une civilisation authentiquement humaine s’éprouvent dans le fait de reconnaître de façon concrète en tout étranger un frère en humanité. Cela était attesté autant chez les Hébreux —comme Abraham et Lot en témoignent — que chez les Grecs depuis l’époque d’Homère. Et le christianisme antique et médiéval s’est naturellement inscrit dans cette double filiation, où nous trouvons l’origine d’institutions qui, aujourd’hui laïcisées, sont devenues un attribut essentiel de tout État civilisé.

Mais le christianisme a apporté aussi un sens radicalement nouveau et décisif en intériorisant le sens de l’accueil de l’autre. En effet, c’est le Dieu fait homme qui s’est soucié directement du sort et de la dignité des migrants, comme l’illustre un court poème byzantin « Si quelqu’un possède en son âme la crainte de Dieu, qu’il soit clairvoyant, qu’il prie, et qu’il ne méprise pas l’étranger, puisque dans le monde Dieu a formé aussi les étrangers. Et pour dire une vérité indubitable celui- là même qui, tout-puissant, est le Créateur de toutes choses s’est fait étranger et s’est manifesté au monde. C’est lui le premier à avoir signalé le sort amer, les afflictions, tourments et humiliations des étrangers, »

« Reconnaître en l’autre la personne » nous avons besoin des migrants.


Dans le christianisme, il s’agit de reconnaître en l’autre non seulement un frère, une soeur en humanité, mais aussi, à travers cette personne, le Dieu fait homme, le Christ qui recrée, réconcilie et unifie mystiquement toute l’humanité. C’est pourquoi, l’accueil des migrants, de ceux dont la condition est marquée par l’extranéité, la précarité et l’incertitude, n’est pas, pour les Pères, une simple prescription morale mais un acte central de la vie ecclésiale le « sacrement du frère », comme l’appelle saint Jean Chrysostome.
Le fait que les situations concrètes requièrent parfois des aménagements ou des adaptations des principes pour répondre à d’autres contraintes d’ordre politique ou national — notamment le nécessaire respect des frontières entre les États — ne doit pas pour autant laisser occulter ni relativiser des principes essentiels de la vie en société.

Georges Bernanos écrivait que nous avons besoin des pauvres pour nous rappeler ce que nous sommes et nous enrichir par nos aumônes. De même, les Pères de l’Eglise, à la lumière de leur foi en Christ, nous enseignent que nous avons besoin des migrants pour nous rappeler que nous sommes de passage sur la terre et que l’accueil de l’autre demeurera toujours une dimension fondamentale de notre humanité.

Extrait du SOP (Service Orthodoxe de Presse) N° 348

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